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En réserve stratégique

Du 30 Octobre 1917 au 4 Mai 1918, ce sera pour le Bataillon une nouvelle période de repos et d’instruction, car il reçoit de nouveau renforts, mais aussi une mise en soutien avec aménagement ou renforcements en divers secteurs de front, toujours prêt à intervenir inopinément.

Le 30 Octobre 1917, il quitte Terny-Sorny, le matin pour aller cantonner à Fontenoy, en passant par Juvigny, chavigny, et Tartiers.

Le 3 Novembre 1917, départ de Fontenoy pour Bargnu, en Seine et Marne, à 7 km au Sud-Est de Crépy-en-Valois, passant par la gare de Fontenoy, (mais en « train 11 » ….), par Villers-Cotterets et Grondeville.

Le 4 Novembre 1917, nous quittons Bargny pour aller cantonner à Cissery, passant par Betz, Bouillancy et Brégy.

Le 5 Novembre 1917, départ d’Oissery pour Fesnes-sur-Marne, par St-Soupplets, le Plessis-aux-Bois et Charny.

Le 6 Novembre 1917, départ de Fresnes-sur-Marne pour Lagny-Thorigny, par Annet-sur-Marne

Le séjour à Lagny est grandement apprécié par tous, et nous restons une quinzaine de jours. Le groupe théâtral du 106 donne quelques représentations rehaussées par la présence de l’actrice « du muet » MUSIDORA, qui eut son temps de célébrité.

Le 20 Novembre 1917, le Bataillon a été alerté et part en camions pour débarquer à proximité des lignes anglaises, mais n’a pas à intervenir ; et, de ce fait, va cantonner pour deux ou trois jours dans un camp anglais à Buires-Courcelles, près de Péronne. Il se rend ensuite à Moyenneville, entre Estrée-St-Denis et Cuvilly, dans l’Oise.

Le 1er Décembre 1917, nouvelle alerte, et le Bataillon repart en camions pour débarquer à Méraucourt, passant par Cuvilly Arvilliers, Conchy-les-Pots, Roye, Nesle, Villecourt, Croix-Moligneaux et Monchy-la-Gache ; puis, par Tertry, il va cantonner quelques temps dans des baraquements à Trefcon, à proximité du camp anglais de Marteville : dans une zone dévastée complètement par les Allemands lors de leur précédent repli volontaire de 1917.

Du 2 au 11 Décembre 1917, alertes de jour, mais aussi chaque nuit sans exception ; nous entendons de violentes canonnades du côté de Cambrai, où la bataille fait rage et où les Allemands effectuent de furieuses attaques, le plus souvent sur les secteurs anglais.

Le Bataillon effectue quelques petites manœuvres d’entraînement sans s’éloigner de plus de 5 à 6 kms du camp, car il est toujours en alerte, et notamment à Cauliancourt. Il pleut toujours et une petite épidémie d’oreillons s’est déclarée : consignation partielle.

Nous apprenons que le Colonel CABOTTE a été évacué pour maladie, et il se dit que le Commandant BURTSCHELL viendrait le remplacer au Groupe, mais c’est un faux bruit ….

Le 14 Décembre 1917, le Commandant LAGOUBIE, venant du 268ème R.I. prend le commandant du 106ème B.C.P. et, le lendemain, il le passe en revue.

Le 16 Décembre 1917, le Bataillon est rassemblé à l’Est de Trefcon au croisement de la route de Caulaincourt pour se rendre au camp d’Attilly, à l’Ouest de la forêt d’Holnon, à 6 km des lignes face à Saint-Quentin ; il cantonne dans des baraquements.

Travaux de défense, il neige et il y a du verglas empêchant parfois de passer, sans secours, les camions de la Division, qu’il faut dégager de nuit par -15°.

Le 23 Décembre 1917, il y a un petit départ pour Salonique, et il est tenu compte de l’âge ….

Le 26 Décembre 1917, le Bataillon procède à quelques aménagements défensifs, et notamment pose de fils barbelés à Fayet ; à cette occasion, un blessé de plus !

Le 31 Décembre 1917, le Bataillon n’est toujours pas engagé, alors : il quitte le camp d’Attilly pour se rendre au camp de Mailly (Aube), passant par Attilly, Etreillers, et Forest où nous embarquons en wagons pour débarquer vers 10 heures le 1er Janvier 1918 et aller cantonner à 2 km de la gare, au camp C-2.

Du 1er au 17 Janvier 1918, vaccination, visites médicales pour les volontaires désirant servir dans l’aviation, exercices de tir et aussi manœuvres contre les tanks, près du village de Poivres. Il pleut.

Le 18 Janvier 1918, le Bataillon est embarqué en gare du Camp de Mailly, pour débarquer le 19 Janvier au matin en gare de Villersexel, et il va cantonner à une dizaine de Km au Nord, à Gouhenas, les Aynans et Vy-les-Lurs, en Haute-Saône.

Du 20 au 29 Janvier 1918, marches, exercices et manœuvres d’entraînement ; les dimanches match de football. Sur les plateaux vers Lure, on distingue les Monts et le Ballon d’Alsace.

Le 30 Janvier 1918, le Bataillon quitte Gouhenans pour se rendre, par petites étapes, vers le front de Dannemarie (Haut-Rhin). Passant par Lure, la Verrerie, la Côte, il cantonne à Ronchamp, ville minière.

Le 31 Janvier 1918, passant par Plancher-Bas, Auxelles Haut et Bas, il cantonne à la Chapelle-sous-Chaux, en territoire de Belfort.

Le 1er Février 1918, passant à Sermagny, Valdoie et Offémont, il cantonne à Denney .

Le 4 Février 1918, quittant Denney, il passe à Bessoncourt, Frais, Foussemagne, traverse l’ancienne frontière, puis Lutran et cantonnera à Romagny et à Montreux-Vieux.

Jusqu’au 29 Mars 1918, le Bataillon exécutera d’importants et nombreux travaux sur le proche arrière.

L’aviation est très active de part et d’autre et nous voyons plusieurs avions et aussi des ballons d’observation, abattus. Une petite maison est incendiée et les Chasseurs font la chaîne avec leurs seaux pour arrêter le feu à Romagny.

Les Compagnies vont creuser une longue et profonde tranchée pour la mise en terre de câbles téléphoniques près de Dannemarie.

D’autres travaux sont effectués à Lutran, à Manspach et Alternach, à 1500 mètres de Dannemarie, et on voit le viaduc détruit en partie en 1914.

D’autres aussi, entre Valdieu et Retzwiller, et là, il neige ; puis à St-Ulrich ; puis à Mertzen et Fulleren, pour la démolition d’un camp à 700 mètres des premières lignes et deux des nôtres sont blessés par balles ; comme il pleut, les Compagnies effectuent certaines destructions nécessaires dans les carrières.

Le 23 Février 1918, remise de « Croix de Guerre » et présentation d’un nouveau fanion pour le Bataillon. Sur le front le canon tonne.

Le 13 Mars 1918, violent tir d’artillerie, il doit s’agir d’un coup de main par la 28ème D.I.

Le 25 Mars 1918 ; l’attaque allemande contre les Anglais le 21 Mars s’amplifie et les permissions sont supprimées !

Le 30 Mars 1918, c’est le départ de ce Secteur de Dannemarie. Regroupés à Montreux-le-Vieux, et passant par Montreux-le-Château, Bretagne, Brebotte, Froidefontaine et Morvillars, nous cantonnons à Dampierre-les-Bois, où la population nous fait un très chaleureux acceuil.

Le 1er Avril 1918, le Bataillon va embarquer à Beaucourt, à 12 kilomètres à l’Est de Montbéliard, débarque à Persan-Beaumont, en Seine-et-Oise, et cantonne à l’Isle-Adam.

Au passage de l’embranchement dur la « petite ceinture » en direction du Nord, le 2 Avril, en fin de soirée, nous entendons le passage puis l’explosion sur Paris d’un obus de « la Bertha ».

Le 3 Avril 1918, départ de l’Isle-Adam pour aller cantonner à 10 km, à Labbeville, en passant par Parmain et Nesles.

Le 4 Avril 1918, partant de Labbeville, nous allons cantonner à Fresnes-Léguillon, à 7km de Chaumont-en-Vexin, passant par Vallangoujard, Epiais-Rhus, Theuville, Le Christ, puis dans le département de l’Oise, à Hénonville, Ivry-le-Temple et Heulcourt.

Le 5 Avril 1918, partant de Fresnes-Léguillon, nous irons cantonner en trois petits hameaux : Ons-en-Bray, Bois-de-la-Mare, et le Pont-qui-Penche, à 9 km à l’Ouest de Beauvais, en passant par Fresneaux, Mesnil-Théribus, Jouy-sous-Thelle, Jouy-la-Grange, La Houssoye et Le Vauroux.

Ces trois journées de marche, toujours en réserve, par de petites routes assez sinueuses représentent un bon kilométrage d’entraînement.

Le 6 Avril 1918, alerte à 6 heures du matin et changement de direction : nous quittons Ons-en-Bray à 8 heures pour aller à Rueil-sur-Brêche, toujours dans le Département de l’Oise, en passant par St-Paul, St-Just-des-Marais, traversons Beauvais, puis Boulier et Velennes.

Le 9 Avril 1918, le Général MERIC passe une inspection ; ensuite manœuvres. Sur le front, la canonnade fait rage. Nous avons compris ….

Le 12 Avril 1918, en effet, le Bataillon est embarqué en T.M. à 5 heures du matin pour débarquer à Ferrières, à 7 km au Sud d’Amiens. On parle de la relève des Anglais par l’Armée française. Le soir des avions lâchent des bombes aux alentours.

Le 13 Avril 1918, réveil à 2 heures du matin pour aller cantonner à Talmas, à mi-chemin entre Amiens et Doullens, en passant par Ailly-sur-Somme, où vers 5 heures 30, une escadrille allemande nous survole et un avion lâche des bombes qui tombent fort heureusement en avant de notre colonne, sans faire de mal ; puis nous passons à Villers-Bocage.

Le 14 Avril 1918, départ de Talmas pour aller cantonner à Grena, sur la route d’Arras, prsè de Mindicourt, à 19 km de Doullens, par un très mauvais temps.

Le 15 Avril 1918,  nous allons à Grincourt, à 4 km de Grena et à 2 km de Pas, dans le Pas-de-Calais, nous y faisons quelques exercices et manœuvre de Bataillon.

Le 18 Avril 1918, le 2ème Cie prend position dans les tranchées intermédiaires à 2 km  de Souastre, en plein champ, et à 7 km des lignes ; nous sommes en position de soutien.

Pas mal d’avions allemands qui jettent des bombes aux alentours ; nous voyons des tanks anglais.

Le 27 Avril 1918, des bruits courent pour un départ vers les Belgique, où tout n’irait pas bien.

Le 29 Avril 1918, le Bataillon est embarqué en camions pour se rendre à Avrualt, passant par DOLLENS, Frévent Saint-Paul, Fruges, Fauquembergues.

Le 30 Avril 1918, réembarquement en camions sous une pluie battante, nous passons dans le département du Nord pour cantonner à Esquelbecq.

Le 1er Mai 1918, repartant à pied, nous quittons Esquelbecq pour aller cantonner à Hardifort, à 2 km de Cassel, parmi les moulins à vent.

Le 2 Mai 1918, nous allons cantonner à Godewaersvelde à une douzaine de km de Hardifort, après une halte à Steenvoorde qui a subi un bombardement par « 380 », et dont les habitants complètement désemparés, commence à s’enfuir.

Un cri unanime nous accueille au cours du défilé dans Steenvorde  musique en tête. :

« Voici les Chasseurs, nous sommes sauvés » !

Et c’est ainsi notre entrée dans la très dure bataille du Kemmel

 
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