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Verdun
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Le 13 Juin 1916, le 106ème B.C.P. relevait, au Bois Nawé, quatre compagnies du 410ème R.I. et deux compagnies du 403ème R.I.

Parti de la citadelle de Verdun à 19 heures, il met 5 heures pour arriver à l’ouvrage de Thiaumont, au sein d’un duel d’artillerie infernal. Un bon nombre de Chasseurs sont déjà hors de combat avant d’atteindre les positions assignées.

Pas de réseaux de fils de fer barbelés de défense, pas de ligne continues, mais partout, déjà, des trous et des trous.

De gauche à droite, le dispositif des positions d’ordre de combat pris par le Commandant BURTSCHELL est le suivant :

En liaison sur la gauche avec le 120ème B.C.P. , la 6ème Compagnie, Lieutenant DESSIRIER ; puis la 2ème Compagnie, Lieutenant POUSSIN ; puis la 1ère Compagnie, Lieutenant de QUATRE-BARBES, ; puis la 3ème Compagnie, Capitaine QUERRY ; puis la 5ème Compagnie, scindée en deux pelotons : celui de gauche, à gauche du boyau d’accès aux tranchées, avec le Capitaine STURN, (ce boyau constamment pris en enfilade par les mitrailleuses ennemies) et le peloton de droite, à droite dudit boyau, sous les ordres du sous lieutenant BOUSSARD, en liaison à droite avec l’une des trois compagnies du 65ème R.I.

Enfin en réserve en contrebas et entre les deux pelotons de la 5ème Compagnie, dans la tranchée Mary, la 4ème Compagnie, Capitaine COSTANTINI.

Plus bas encore, dans le ravin des Trois Cornes, le P.C. du Commandant BURTSCHELL et le Poste de Secours.

La suite du présent récit fait état des souvenirs que le Commandant BRETTEVILLE (qui était Sous-lieutenant à la 4ème Compagnie et prit le Commandement de cette unité après la mort glorieuse de son Chef, le Capitaine COSTANTINI) a reproduit dans son très intéressant livre « VERDUN – JUIN 1916 », qui est, pour nous, l’œuvre la plus complète et la plus exacte qui ait été publiée sur les combats de Thiaumont-Froideterre. Cet ouvrage a été préfacé par le Général COSTANTINI, fils du magnifique Officier tombé face à l’ennemi le 17 Juin 1916.

Le 14 Juin 1916, l’artillerie lourde de l’ennemi intensifie son implacable pilonnage sur tout le Secteur, et plus particulièrement sur la droite du Bataillon.

Le 15 Juin 1916, les Allemands passent à l’offensive, sortant de leurs positions au-dessus du ravin de la Dame. Leurs éléments, face au peloton BOUSSARD (5ème Compagnie), sont malmenés par les Chasseurs, bien décidés à conserver leur tranchée. Mais brusquement ils repartent en biais et s’emparent presque sans combat de la tranchée occupée par l’une des trois compagnies du 65ème R.I., celle avec laquelle nous tenions sur notre droite immédiate.

Après avoir désarmé et renvoyé sans délai vers l’arrière les prisonniers qu’il vient de faire, l’ennemi essaie de s’emparer de la tranchée des Chasseurs. Mais ceux-ci se défendent à la grenade et à la baïonnette ; ils ne veulent pas perdre un pouce de leur tranchée, infligeant aux assaillants des pertes sévères sans ménager les leurs et les laissant en perpétuel état d’alerte.

Peu de temps après, vers la Ferme de Thiaumont, à peu près à notre altitude, par-dessus le ravin, mais encore assez loin de nous les Chasseurs aperçoivent un élément ennemi qui ayant sans doute progressé en ce secteur, descend une pente. Ils voient aussi s’amorcer un mouvement de débordement en direction du ravin des Trois Cornes.

Le Sous-lieutenant  BOUSSARD donne l’ordre à son peloton de redresser sa position et de se déployer perpendiculairement à sa tranchée pour répondre de face à l’ennemi, d’où qu’il vienne, et il en fait aviser le Capitaine STURN à toutes fins utiles.

Ce mouvement devance ainsi celui des indésirables occupants de la partie de tranchée du 65ème R.I. qui sortent, en effet, à leur tour de la tranchée qu’ils viennent de conquérir pour se porter en avant. Ils y sont durement repoussés dès leur apparition au-dessus du parapet.

Le vide qui existait de part et d’autre du boyau d’accès entre les deux pelotons de la 5ème Compagnie, s’est de ce fait un peu allongé, mais la liaison est toujours effective malgré toutes les difficultés.

Le Capitaine STURN a informé le Commandant de la situation difficile des Chasseurs de la droite du Bataillon et demande des renforts.

A la tombée de la nuit du 15 Juin, deux Compagnies du 65ème R.I. sont envoyées à l’assaut de la partie de tranchée précédemment occupée par ce Régiment ; sans succès, d’ailleurs, après avoir été sévèrement malmenées par l’ennemi qui se cramponne à la position qu’il a conquise. Les survivants de ces Compagnies de renfort s’étalent toutefois, de trous en trous, face à l’ennemi, et une liaison est rétablie.

Entre temps, le Commandant BURTSCHELL a reçu, le 14 Juin, l’ordre d’attaque N° 39 de la 21ème D.I. complété par un ordre du 15 Juin de la 257ème Brigade (Colonel de SUSBIELLE) de s’emparer des tranchées des Trois Cornes et d’Ypres.

Le Commandant adresse un rapport à l’échelon supérieur exposant les raisons pour lesquelles l’attaque n’est pas souhaitable dans les conditions où elle se présente à la date fixée.

Par message, le 15 Juin vers 15 heures, il reçoit l’ordre de surseoir à l’opération ordonnée.

Le 15 Juin à 19 heures 30, le Commandant BURTSCHELL donne ordre au Chef de Bataillon GRILLOT, du 359ème R.I. arrivé en position de soutien dans la matinée du 14 au 15, de contre-attaquer avec deux de ses Compagnies pour dégager l’extrême droite de notre Bataillon et couvrir, éventuellement, l’accès de ravin des Trois Cornes.

Finalement, soutenu en contrebas par une Compagnie du 359ème R.I. (Capitaine ROYER), le Peloton BOUSSARD lâche son crochet défensif pour réintégrer son ancienne position dans la tranchée du sergent l’HEVEDER, que l’ennemi n’avait pu prendre.

Le 16 Juin 1916, la journée se passe sans nouvel incident notable, sinon le très violent marmitage habituel.

A 11 heures, le Commandant BURTSCHELL donne des ordres très précis fixant les objectifs de l’attaque, décidée pour le lendemain, des tranchées d’Ypres, des Trois Cornes et des Sapeurs.



 
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