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La Champagne

Le 26 Septembre 1915, quittant Damelièvres, le 106 est embarqué en camion autos et arrive à Saint Hilaire-au-Temple le 27 Septembre, il se rend ensuite entre Suippes et Souain.

Le 1er Octobre 1915, après quelques opérations de détail (engagement de la 1ère Compagnie à la tranchée des Jantes) il se distingue à l’attaque des tranchées de la cote 170 et organise la position après un violent bombardement.

Pour cette attaque le Bataillon avait été dirigé, avant le lever du jour, vers la corne d’un petit bois. Il recevait ensuite l’ordre de se rassembler à la corne opposée, une troisième fois, il lui était prescrit de revenir à son point de départ ; mais chaque changement d’emplacement était suivi d’un barrage intensif de l’artillerie ennemie sur le point même que nous venions de quitter. Chance extraordinaire pour nous, mais le Commandant BURTSCHELL, ne comprenant plus rien à ces ordres et contre-ordres venus du Q.G. passe provisoirement le commandement du Bataillon au Capitaine Major CLAUSSE et se rend en personne à l’Etat-major pour tous éclaircissements indispensables.

Au petit jour, le Capitaine CLAUSSE reçoit l’ordre de se porter en avant, puis d’avancer par bonds successifs et au coup de sifflet. Les coups de sifflet étaient donnés par des Officiers d’Etat-major et déclenchaient à chaque reprise le feu des mitrailleuses ennemies. Les réseaux de fil de fer au-devant des lignes ennemies étaient de surcroît intacts et bien fournis.

Prenant ses responsabilités pour faire échapper le Bataillon à une hécatombe bien prévisible au regard de telles conditions, le Capitaine CLAUSSE arrête la marche en avant du Bataillon et le fait disposer en une ancienne tranchée de repli, un peu en retrait, attendant de nouveaux ordres.

Il est chaudement félicité pour cette initiative par le commandant BURTSCHELL, qui vient rejoindre le Bataillon.

Toute la nuit, en effet, les liaisons étaient interceptées par ces prétendus Officiers d’Etat-major, parlant un français impeccable, mais qui étaient en réalité des Officiers allemands revêtus d’uniforme français, se déplaçant soit à pied, soit en vélo.

Dans la même journée, 18 d’entre eux (s’est-il dit) ont pu être arrêtés et jugés sur le champ, dans le Secteur de la 129ème Division.

Après l’attaque des tranchées de la cote 170, le Bataillon continue à organiser les nouvelles positions sous des bombardements intensifs de part et d’autre, visant à atteindre des petits postes distants quelques fois de 4 à 5 mètres seulement.

Jusqu’au 24 Octobre 1915, il reste en ligne par un temps exceptionnellement chaud souffrant beaucoup du manque d’eau potable et de la vermine qui avait proliféré là comme nulle part ailleurs.

Il est ensuite dirigé sur Bruyères, dans les Vosges après avoir cantonné près de Cuperly.

Les pertes du Bataillon durant cette bataille de Champagne ont été sensibles et ont pu s’élever à quelques centaines d’hommes.

Le 16 Novembre 1915, le 106ème Bataillon est passé en revue par le Général JOFFRE, Commandant en Chef, sur le plateau de Champdray.

C’est alors une période de repos bien méritée bien méritée pendant laquelle il reçoit des renforts divers ; un fort détachement arrive le 1er Décembre en provenance du 2ème Groupe Cycliste et il est réparti entre les 106 et 121ème Bataillons de Chasseurs à pied.



 
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