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Grand repos et reconstitution

Le 106ème Bataillon fait maintenant partie de la 257ème Brigade (Général MEDRIC) de la 129ème Division (Général GARBIT).

Bien que celles-ci ne soient pas alpines, nous garderont jusqu’à la fin notre uniforme du début avec notre béret.

Pendant cette longue période de repos et de reconstitution, du 5 Août au 29 Septembre 1915, plusieurs renforts sont parvenus à Corcieux, notamment le 2 Août, en provenance du dépôt du 25ème B.C.P. , mais ils comprenaient beaucoup d’inaptes à faire campagne qu’une récente décision ministérielle venait de faire partir des dépôts ! Aussi, notre Médecin-major ne put-il que renvoyer à l’intérieur la moitié de ces contingents …. Pour soins indispensables.

Il serait injuste de ne pas évoquer, parmi ceux qui sont venus reconstituer notre Bataillon, tout d’abord, un rapatrié qui laissant aux U.S.A. une situation industrielle importante, traversa l’Océan dès la mobilisation et fut affecté à la Cavalerie.

C’est alors que, saisi d’admiration pour la belle tenue et l’entrain des « Petits Chasseurs » lors du défilé triomphal du 106ème sur les Grands Boulevards Parisiens, fin Mars 1915, il demanda à devenir des nôtres et que, le 8 Août 1915, le Sous-lieutenant CHOLET débarqua à Corcieux, trois jours après la fin des combats du Linge, pouvant ainsi constater ce qu’avaient pu endurer ceux qu’il aurait à mener à de nouveaux combats.

Et ce jour-là naquit une amitié indéfectible entre « Ceux du 106ème » et celui qui les avait choisis pour compagnons de lutte contre l’envahisseur. Et il ne cessa de leur donner l’exemple du courage et de l’endurance : en Champagne, dans les Vosges, en Lorraine, à Verdun, où il se distingua notamment à Froideterre, au Bois-le-Prêtre, dans la Somme, au chemin-des-Dames, obtenant les galons de Lieutenant puis de Capitaine.

Au Chemin-des-Dames, dans le secteur de Vauxaillon, il avait été chargé de former le 106 aux méthodes nouvelles de soutien d’attaque par tirs indirects à la mitrailleuse pour l’action à objectifs limités contre Vauxaillon qui a marqué le début de la tactique nouvelle du Général PETAIN.

Dans les premiers jours de Septembre 1917, il quitte le Bataillon pour s’activer au Service des Missions de l’Etat-major à l’Etranger.

Les derniers Chasseurs du 106ème, qui après le retour de Rhénanie attendaient à la Caserne Rapp, de Forbach, leur démobilisation ou leur affectation à d’autres unités eurent le plaisir de recevoir sa visite, fin Mars 1919, avant son retour aux Etats-Unis le mois suivant (1) .

En dehors de ces souvenirs de la guerre 14-18, c’est pour « Ceux du dernier carré » un impérieux devoir de dire la haute estime et la profonde affection en lesquelles ils n’ont cessé de tenir le Capitaine CHOLET, dont la générosité et le grand cœur se sont manifesté en maintes reprises, non seulement pendant son séjour au 106ème, mais depuis un demi-siècle.

Jamais notre cher Président CONDAT n’a fait appel en vain à sa générosité, toujours présente et si précieuse envers les moins favorisés d’entre nous. Et avec quelle amitié il s’intéresse à nos sorties, cérémonies, rassemblements, à la vie de l’Amicale et de ses membres, anciens ou retrouvés, ne ménageant ni les marques d’émotion et d’amitié, ni ses félicitations et remerciements à notre Président et tous ceux qui le secondent dans l’animation de notre beau groupement.

Nous devons rappeler qu’en 1940, faisant partie d’un comité Franco-américain, il put obtenir, après les évènements de Juin, l’envoi en Angleterre de 12 canots torpilleurs et contre-torpilleurs. Faible appoint dans la gigantesque bataille, mais cependant non négligeable à un moment crucial où le sort de la guerre dépendait de l’héroïque résistance britannique. Il nous faut dire aussi, avec reconnaissance et fierté, que l’ancien chef de la 1ère compagnie du 106ème B.C.P., fait bien tardivement Officier de la légion d’Honneur en 1965 et fêté par le Chemist-Club de New York, évoqua dans son discours de remerciements « Ceux du dernier carré », leur bravoure, leur dévouement, leur esprit de corps, ce qui déchaîna une très chaleureuse ovation.

Une autre recrue de haute qualité est faite en la personne de l’Abbé HECKER, Vicaire à Rambervilliers, où le Bataillon est venu séjourner au Quartier Richard, après avoir repris son entraînement et cheminé sur bien des routes des Vosges et de Lorraine, en cantonnant en maintes localités.

Cet excellent prête dégagé de toute obligation militaire vient en effet s’engager au Bataillon comme Aumônier volontaire, en qualité de Chasseur de 2ème classe , à la section Hors Rangs. Il sera tué en 1917 par un éclat d’obus allemand, en célébrant sa messe. Il avait obtenu la Croix de Guerre à Verdun.

Quelques mois plus tard, un autre volontaire, l’abbé LANDRE, le remplacera et nous accompagnera jusqu'à la dissolution, obtenant aussi en 1918, la Croix de Guerre du Mont Kemmel, suivie d’une nouvelle citation, toujours en 1918, pendant la poursuite de Méry au Canal du Nord.

Le respect et l’affection de tous ont entouré ces prêtres dévoués, modestes et courageux.

Le 25 Août 1915, le Bataillon quitte Corcieux pour se rendre à Grandvilliers, puis le 26 Août à Rambervilliers, puis le 6 Septembre à Gériviller, puis le 7 Septembre à Damelevière.

Le 17 Septembre 1915, le Commandant CHENEBLE, nommé Lieutenant-colonel au 233ème R.I. remet le commandement du Bataillon au commandant BURTSCHELL, qui commandait le 4ème Groupe de Chasseurs Cyclistes.


 
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