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L'attaque Allemande du 23 juin 1916
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L'attaque Allemande du 23 juin 1916
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NOTE DE L'AUTEUR

La contre-attaque des Quatre Cheminées, que je cite dans ce chapitre, est entièrement 1'oeuvre du 114e B.C.A. et je remercie le Général Veron d'avoir bien voulu nous en décrire les grandes lignes à la page 91,

Cdt P. B.

Après les gaz

A 5 heures, le matin du 23, faisant suite immédiatement a l’'arrosage du secteur par 130.000 obus asphyxiants selon le chiffre donne par tin Général de Brigade allemand, les pièces d'artillerie grosses et petites se remettent à tirer. C'est alors un véritable déluge d'obus sur nos positions, notamment sur le plateau de Souville et la Côte de Froideterre.

La plus violente des Batailles

Il a été écrit dans le bulletin de renseignements n° 126 de la IIe Armée, que l'attaque allemande du 23 juin 1916 a été la plus violente, la plus massive et la plus meurtrière de toutes celles que les Allemands ont exécutées à Verdun.

Ils l'avaient préparée avec minutie, employant des moyens jugés irrésistibles.

Guillaume II vint en personne présider aux opérations. Il fit venir de l'arrière les drapeaux des régiments engagés, afin qu'ils puissent défiler en tête de ses troupes lors de son entrée triomphale à Verdun.

Préparation d'artillerie

Jamais préparation d'artillerie ne fut plus gigantesque. Elle sera suivie par l'attaque allemande, confiée aux meilleures troupes : corps alpins, régiments bavarois, unités fraîches arrivées de Serbie.

De notre côté, sous les masques, les colonnes de relève et de ravitaillement se déplacent péniblement. Dans la nuit, les hommes vont lentement, cherchant le sol à chaque pas. Tous les 100 mètres, les chefs de section arrêtent leurs fractions pour éviter l'essoufflement. La montée vers Fleury est un calvaire. Les hommes s'affaissent sous l'effort, échappant à l'action des chefs qui subissent les mêmes atteintes d'asphyxie et s'échelonnent de trous en trous.

La traversée des bois de Fleury est infernale. Notre artillerie riposte de son mieux aux pièces d'en face en fureur, c'est un tonnerre assourdissant.

Les unités sont disloquées, les petites colonnes rompues à chaque instant par un obus qui soulève tout, terre et hommes, sont arrêtées dans leur progression.

Aucun ravitaillement ne peut parvenir aux éléments en ligne, les hommes de corvée ne peuvent regagner leurs unités.

C'est malheureusement dans la nuit du 22 au 23 que doit se faire, dans le secteur de Fleury, la relève du 1er Bataillon du 39e R.I. par le 2e Bataillon du même régiment. Ce mouvement est désastreux. Les gaz interdisent pratiquement les liaisons par coureurs. Les pertes eu tués, blessés et prisonniers sont particulièrement sévères : 48 officiers et 1.633 hommes. Saisi en pleine relève, le 39e K.T. s'est trouvé ramassé au moment de l'attaque entre la Redoute 320 et Fleury.



 
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