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La bataille du 17 juin
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La bataille du 17 juin
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Le 106e monte en Secteur

Le 106e B. C. P. était, le 13 juin 1916, à Rignaucourt. Réveil à 3 heures. Rassemblement à 5 h. 30. Après un dernier appel, nous nous embarquons dans les camions de transport de troupes.

Les compagnies, décimées par les précédentes attaques, ont été renforcées par des jeunes que l’on distingue à leurs capotes neuves.

Les camions roulent sur « La Voie Sacrée », rencontrant de longs convois revenant à toute allure sur Bar-le-Duc. Une animation intense règne aux abords de la route : artilleurs, sapeurs, territoriaux, prisonniers entassent ou prélèvent du matériel dans de vastes dépôts. Partout des canons lourds encore recouverts d’une boue épaisse, affûts, roues brisées, d'importants tas de munitions, bidons d'essence, claies, pièces de rechange. Des trains entiers de planches, poutres, rouleaux de barbelés, de pieux, de gravier, de sacs de sable, de ciment, de rails, de traverses, que sais-je encore ?

Des territoriaux recouverts de toiles de tente cassent des cailloux pour réparer les routes défoncées par les transports routiers incessants.

Seize Bataillons de travailleurs, soit 8.200 hommes, sont employés à l'entretien de cette route de 75 kilomètres et à l'exploitation des carrières. La canonnade, d’abord saccadée, se propage, furieuse. Un malaise indéfinissable rend les fronts graves, impose le silence. La pluie n'a pas cessé.

Les hommes sont entassés dans les véhicules, épuisés par plusieurs heures de voyage ils se taisent.

Souville est passée en vitesse. Nixéville : le convoi s'arrête. Tout le monde descend. Répondant à l'appel des gradés, les hommes se groupent, et bientôt, après la pause, le bataillon s'ébranle, les compagnies à 300 mètres les unes des autres.

A 1.500 mètres de la ville, ce sont les boyaux qui commencent. Sur le chemin qui les conduit à Verdun, courbés sous les sacs alourdis, les poilus se trainent pour gagner la citadelle qui ressemble à une prison. Les hommes passent quelques jours dans ces interminables galeries taillées à même le roc, superposées les unes aux autres, éclairées à l'électricité. Des wagonnets sur rails transportent des approvisionnements de tous ordres. Partout, des galeries-dortoirs, des galeries bureaux.

Dans cette ville souterraine qui groupe tous les services, nous attendons l'avenir. Tous pensent à la nuit réparatrice qu'ils vont pouvoir passer sur les paillasses.



 
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